La semaine de la Robotique 2016 à Tokyo Big Sight

13d41a62c6d7ee625c9f7ffb9c10d674La semaine de la Robotique 2016 s’est tenue à Tokyo Big Sight à Odaiba fin octobre. L’exposition a lieu tous les deux ans, à tour de rôle avec l’International Robot Exhibition.
En 2015, le gouvernement japonais a décidé de développer une «Stratégie Robotique du Japon». Il se donne 5 ans pour permettre le développement des innovations en robotique dans le but de multiplier par 20 le marché des robots de service. En effet, l’exposition 2016 est centrée sur les robots de service, plutôt que les machines plus ludiques comme par exemple les robots spécialisés dans le domaine de la danse ou de la synthèse vocale.  Les modèles présentés étaient donc plus à destination industrielle que grand public.
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Un autre stand a attiré l’attention, c’est celui de la société INNOPHYS. Il était possible de voir des démonstrations de leurs costumes musculaires hydrauliques, appelés parfois exosquelettes. Ces costumes, qui ont l’air de sortir d’un film de science-fiction, mais ils peuvent aider par exemple à soulever des charges lourdes. INNOPHYS (le mot vient de « Innovation Physical Support » – soutien à l’innovation physique) est une société à capital risque (les actionnaires sont solidaires), créée par l’Université des sciences de Tokyo, dans le but de fournir des aides à ceux qui travaillent dans les industries qui impliquent le levage lourd (évidemment), l’agriculture, la fabrication, etc. Il est intéressant à ce niveau de souligner l’évolution de la robotique japonaise, déjà marqué par l’habileté de robot Aibo de Honda, qui poursuit ses recherches vers les exosquelettes médicaux, permettant l’aide à la marche suite à des paralysies accidentelles ou des dégénérescences neuromusculaires.
Les drones étaient à l’honneur. En effet, ces appareils ne sont plus que des hélicoptères améliorés télécommandés, mais de véritables robots volants, programmés et capables de fonctions multiples : photographie, surveillance, récupération d’objets etc…
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Bien entendu, le mélange de la tradition et de la modernité, qui est une des caractéristiques de l’esprit japonais, était assuré par un bras robotisé qui peut faire de la calligraphie.
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L’exposition est à chaque fois de plus en plus vaste et permet de faire le point sur l’évolution de la robotique domestique et industrielle. De nombreux secteurs sont représentés et souvent chaque salon en attire de nouveaux, comme par exemple secteur de l’environnement et ses robots spécialisés en décontamination.
A titre indicatif, le droit d’entrée de l’expo était fixé à 1000 yen, soit un peu plus de 8,5 euros.

Asimo – アシモ

asimo1  ASIMO est un robot humanoïde développé par Honda. Son nom est l’acronyme de « Advanced Step in Innovative MObility ».

ASIMO est en fait un concept de robot de recherche qui n’est donc pas commercialisé dans sa forme actuelle. Honda par contre n’hésite pas à participer à des publics. Il a aussi été loué par de grandes entreprises comme IBM, afin de remplir la tâche d’hôte d’accueil, ou a accompagné le premier ministre Koizumi lors de sa visite en 2006 en république Tchèque.

L’une des principales innovations technologiques d’Asimo est le fait qu’il est capable de modifier sa trajectoire tout en marchant, contrairement aux robots d’anciennes générations contraints de stopper leur marche avant d’effectuer une rotation sur place. De même, il lui est possible de détecter les mouvements des objets, ainsi que leur trajectoire. Il est aussi capable de monter et descendre des escaliers, reconnaître des visages, comprendre la parole humaine, analyser son environnement, garder son équilibre sur des surfaces mouvantes, etc.

asimo2En février 2009, il existait une centaine de robots déclinés en quatre versions différentes. A terme, les robots ASIMO devront pouvoir venir en aide aux personnes handicapées, âgées ou malades. Ils pourront aussi effectuer des tâches dangereuses pour les humains.

asimo3N’oublions pas que la technologie robotique japonaise permet en parallèle le développement d’exosquelettes. Cet appareil est une structure robotique recouvrant une partie du le corps humain censée lui apporter des talents supplémentaires.

Le fabricant japonais Cyberdyne annonce procurer à l’homme une force décuplée avec son modèle HAL (Hybrid Assistive Limb – membres de soutien hybrides). Ce système de 23 Kg mû par des batteries de 2h40 d’autonomie détecte les impulsions électriques des muscles ainsi que l’orientation des membres de l’individu pour l’assister dans son effort. Ainsi, l’homme est en mesure de faire volontairement appel à l’exosquelette lors de ses mouvements, mais cette armature possède également sa propre intelligence artificielle, permettant de reproduire les mouvements du corps humain. Les déclinaisons sont dès lors nombreuses mais la toute première est spectaculaire : l’exosquelette aide à la rééducation et au soutien aux personnes handicapées.

De nombreux travaux concernant la robotique et l’aide à la personne sont en étude au Japon. En attendant, vous pouvez voit l’évolution  et les performances d’Asimo sur son site officiel.

Aibo

aibo1Un AIBO (prononcer aïbo) est un chien robot développé par la section « Digital Creature Laboratory » de Sony, créée en 1993. La première version d’Aibo date du 11 mai 1999.

Les AIBO peuvent se déplacer, voir leur environnement et reconnaître des commandes vocales. Ils sont considérés comme étant des robots autonomes et peuvent apprendre et mûrir sous la conduite de leur propriétaire, de stimuli provenant de leur environnement ou grâce à d’autres robots.

Par ailleurs, les AIBO ont été conçus de façon à être caractériels et n’obéissent pas systématiquement aux ordres. Les gestes sont moins vifs que les chiens « réels » mais les attitudes, mimiques et mouvements donne une impression surprenante de vie dans une coque de métal.

Le nom AIBO signifie « copain » en japonais mais le nom vient en fait d’un jeu de mot : AI (amour) mais aussi Artificial Intelligence et BO pour Robot. Le prototype initial produit en 1997 fut baptisé Mutant.

Sony commercialisa le modèle ERS-110 comme premier véritable robot de compagnie en 1999. 5 000 unités furent produites dont 3 000 étaient réservées au marché japonais et le reste à l’exportation, principalement aux Etats Unis d’Amérique. Les exemplaires japonais ont été vendus en 20 minutes.
aibo2Il est intéressant de souligner que l’approche robotique est différemment perçue au Japon. La religion Shintô reconnait entre autre une présence divine dans tout être vivant mais aussi dans des êtres inanimés. La croyance fait donc que l’on accepte qu’un objet ait une âme.

La population japonaise vieillissant, les laboratoires développent des robots de compagnies, véritables assistants domestiques. Une personne âgée japonaise de ce fait, ne sera pas hostile au fait de devoir parler à une machine qui peut être perçue comme ayant un esprit. Imaginez la même chose en occident !

C’est aussi cet aspect de la croyance religieuse qui a développé de nombreux concepts de machines intelligentes dans les mangas, le cinéma… comme par exemple « Ghost in the Shell » qui reste une référence.