Les jardins japonais

jajap1Les jardins japonais surprennent toujours quelque peu les visiteurs, qui ne savent pas toujours où poser les pieds.  Les regarder, les contempler est un art, tout aussi important que l’art de leur création.

Ils sont souvent disposés sur tapis de pierre (ishidatami). Ce tapis a pour fonction d’éviter de se salir les pieds mais s’avère très glissant sur un sol meuble. On réalise donc  une sorte de gué de pierres qui traverse le jardin en suivant ses courbes et en les accentuant. Ce dallage est posé afin de paraître le plus naturel possible. Il s’agit donc d’un chemin sinueux qui relie les diverses parties du jardin entre-elles et communique tant avec l’extérieur qu’avec l’habitation et les éventuelles dépendances.

jajap2Certaines pierres servent au simple passage tandis que d’autres incitent à marquer une pause. Le jardin impose donc son propre rythme de visite. Les pierres destinées à marquer une pause permettent la contemplation de l’ensemble ou d’une particularité du jardin : la margelle d’un puits, des  rochers recouverts de mousses, une lanterne de pierre,  un petit étang…  Les arbres sont présents et sont mis en valeur par le choix des essences et par une taille très particulière qui a inspiré la taille des bonsaïs. On y trouve des bouleaux et les érables ainsi que les arbres fruitiers dont la floraison est attendue avec la plus grande impatience. Le prunier et le cerisier en fleur sont devenus les emblèmes du Japon? Tous les ans la population se rassemble et pique-nique le jour de la contemplation des fleurs (Hanami).

jajap3On retrouve l’aspect religieux et le thème de la méditation dans les jardins japonais. Les diverses parties symbolisent les étapes qu’il convient de franchir dans un ordre précis pour parvenir à la sérénité ou à l’illumination. On escalade donc une montagne minuscule comme on enjambe une rivière ou qu’on traverse un lac grâce à une pierre plate qui suggère un pont.
Parfois les ponts, dans les grands jardins, sont construits et non plus suggérés. Leur forme est en dos d’âne afin d’empêcher les esprits malfaisants de se déplacer en ligne droite. Un portique (Tori) de bois coloré en rouge est bâti mais ne symbolise jamais la notion d’entrée ou de sortie. Il marque le passage des divinités (Kami). Celles-ci ne pourraient ni entrer ni sortir puisqu’elles sont partout présentes.

jajap4Des barrières ou des haies, parfois simplement faites de bambous, permettent de situer des limites abstraites et, paradoxalement, d’agrandir le lieu par un jeu subtil d’ombres et de lumières. On retrouve ce jeu de formes et de lumières dans l’architecture moderne japonaise qui agrandit les volumes des habitations dans un espace restreint. On remarquera en fait que ce qui caractérise le mieux le jardin japonais est l’extrême économie de moyen qui permet de suggérer un espace à la fois restreint et infini utilisant la symbolique et l’abstraction pour mieux exprimer sans la reproduite la nature harmonieuse.