Les crieurs de rue

crieur1Il n’est pas rare à Tokyo, dans les quartiers commerçants, de rencontrer de nombreux jeunes criant, attirant le chaland vers un magasin, que ça soit une petite ou grande enseigne.
Un extrait d’un article de Mainichi, quotidien japonais, décrit cette ambiance visuelle, et sonore et des centres villes :

Yusuke Ohashi, 23 ans, est un nouvel employé de la succursale de la chaîne de Shibuya chaussure ABC-Mart. Il aboie énergiquement dans le quartier de Shibuya à Tokyo. «Arrêtez-vous ici,  Tout ce que nous avons ne vous coute rien ! Les prix bas sont cassés !»
Il frappe parfois dans ses mains, en essayant d’attirer l’attention des passants. Dans la soirée, ses slogans sont orientés vers les hommes d’affaires tandis que durant la journée, son argumentaire est destiné aux femmes et jeunes filles : « Nouvelles collections, nous avons les articles tout nouveaux qui viennent d’être présentés dans les magazines!
Yusuke Ohashi dit que c’est fatiguant de crier tout le temps, mais qu’il s’y est habitué.

Même les rares commerces considérés comme gagnants de la dernière récession économique, comme McDonald’s et Uniqlo, ont posté des crieurs dans la rue.

A 25 ans, un employé McDonald’s me dit qu’il essaie de dire des choses que lui-même aurait du mal à résister. «En ce moment, des frites pour 150 yens, quelle que soit la quantité ! C’est génial !» À l’Uniqlo, lui aussi, une salariée tente de séduire les clients potentiels par les mots « T-shirts pour 690 yen! » même s’il fait cinq degrés Celsius à l’extérieur. Est-ce efficace ? Oui, dit-elle. « Nos ventes sont très différentes si nous appelons le client ou non. »

crieur2Parfois ces jeunes sont même équipés de panneaux publicitaires, comme les «hommes sandwichs », mais certaines enseignes jouent le côté high tech.

Yobikomi-kun- développé par Gunma Electronics Co. – ressemble à un petit robot vous accueillant les bras ouverts. Il  joue la musique et des messages préenregistrés pour les passants. Yobikomi-kun est disponible en deux types, dont un avec un panneau à LED au prix de ¥ 29,800. Attirer par le regard est une seconde astuce parmi tous les bruits de la rue. C’est un produit populaire, et Gunma Electronics vend environ 500 par mois.

yobikomikun

 ZAAZ est une entreprise qui a pris là le parti d’explorer une autre piste : l’odorat. En novembre 2012, elle a commencé à vendre  un gadget au prix de ¥ 59,800, qui émet des odeurs comme le chocolat et le curry. La recharge est une capsule de 7980 yens   pour deux semaines de fonctionnement. ZAAZ un a été utilisé par les restaurants de sushi entraînant les passants à l’intérieur l’odeur de vinaigre de sushi et sauce de soja. Selon le chef de la compagnie Kentaro Kawaguchi, les ventes de leurs clients ont augmenté de 10%  et le ZAAZ un se vend maintenant de plus en plus.

L’ambiance des rues de Tokyo est crieur3réellement sonore, surtout le soir. Entre les cris des bonimenteurs, les voix enregistrées des sorties de parking, les discours politiques ou religieux diffusés sur des hauts parleurs de camionnettes, il est impossible de ne pas se laisser impressionner lors d’un premier voyage. Vous trouverez une bonne illustration dans les scènes extérieures du film « Blade Runner ».