Kitano Takeshi

Takeshi+Kitano+Outrage+Beyond+Photocall+69th+T2b8GpG_KqWlKitano Takeshi  est né le 18 janvier 1947 à Tōkyō. C’est un artistes japonais à multiples facettes : réalisateur, acteur, animateur de télévision, peintre, et comique. Il est aussi un ancien designer de jeux-vidéo à l’époque folle des jeux sur les premiers ordinateurs familiaux ou personnels.

Sa biographie est donc chargée. Il est tout d’abord internationalement connu en tant qu’acteur et réalisateur. Sa première apparition fût dans le film Furyo ou il tenait le rôle du sergent Ohara, aux côtés de Sakamoto Ryuichi et de David Bowie.

Son entrée dans le spectacle remonte à la période durant laquelle il suivait des études d’ingénieur. Takeshi Kitano, pour subvenir à ses besoins, travaille dans la maintenance d’une boîte de nuit d’Asakusa (je vous conseille, au passage, son livre « Asakusa Kid »). Il côtoya donc de nombreux comédiens et, au bout d’un certain temps, quand un des acteurs du club tombe malade, Kitano prend sa place sur scène. Cela le conduira à jouer les comiques « Manzaï ».

Le Manzaï est un je de scène comique, basé sur des dialogues rapides entre deux acteurs, l’un jouant un personnage naïf et l’autre très incisif. Voyez le film Kids Return, de Kitano, où deux jeunes s’essayent à cet art. Le côté incisif l’emporte chez Kitano, qui, trop virulent, il fut censuré et interdit des studios de la NHK durant 5 ans.

kitano3 Après plusieurs autres rôles dans des comédies, il est choisi en dernière minute, en 1989, pour jouer le rôle d’un policier asocial dans « Violent Cop » (« Sono Otoko, Kyōbō ni Tsuki »). Le réalisateur tombant malade, Kitano l’a remplacé et remania considérablement le scénario. Son personnage devint un antihéros solitaire et à contre-courant. Le résultat est un succès parmi les critiques du cinéma et une réussite financière au Japon. Il marqua le début de la carrière de réalisateur de Kitano.

Il continua ensuite avec quelques œuvres souvent centrées sur des clans yakuza (Sonatine, Aniki, 3-4 Jugatsu), des films non dénués de tendresse (Hanabi, Kids Return, l’été de Kikujiro), des films de samurais (Gohatto, Zatoichi) ou des comédies déjantées (Takeshi’s), tout en menant une carrière à la télévision japonaise. La liste de ses œuvres est vaste, nous en retiendrons que les principales.

 Il mit en scène aussi Dolls, dans lequel il ne joue pas. Film remarquable, Kitano y dépeint la fugacité du bonheur en trois histoires qui se croisent, dans la richesse des couleurs du Japon. Il joua aussi remarquablement le rôle d’un immigré coréen dans « Blood and Bones ».

kitano2Beaucoup trouvent les films de Kitano violents, ce qui a contribué à diminuer le succès de certaines œuvres. De nombreuses scènes des films de Kitano montrent une violence exagérée, comme par exemple les flots de sang lors des scènes de combats de sabre dans Zatoichi. Souvent les victimes sont immobiles, les coups de feu suggérés, souvent hors de l’écrans.
L’exagération dans l’usage des effets spéciaux permet à Kitano de diminuer la violence en la caricaturant.

Il exprime en fait de nombreux sentiments dans des prises parfois brèves, mais fortes. Dans Sonatine, par exemple, la scène la plus dure n’est pas un combat ou un flot d’hémoglobine, mais celle ou le chef de clan froid mais paternaliste -interprété par Kitano- joue seul au Frisbee sur la plage après la mort d’un membre de son groupe, sous le regard impuissant du reste de l’équipe. La violence est dans les sentiments et la solitude.

On retrouve souvent cette dualité « violence apparente  et  sentiments réels » dans bon nombre de ses films. Revenons à son premier rôle dans Furyo ou son personnage sadique exprime en parallèle un coté attentif et sympathique. Par la suite, lorsqu’on lui l’interrogeait au sujet de la mise en scène des films de Yakuzas, Kitano expliquait : « Ces scènes calmes sont porteuses d’une violence potentielle. Plus vous montrez le calme, plus la violence est forte. C’est la même chose dans la vie quotidienne. Pour montrer la violence de la vie, il faut montrer le calme qui la précède. »
Revoir les films de Kitano sous cet angle permet de découvrir une autre face de ses œuvres : la complicité des personnages, l’ambiance subtilement choisie, la sensibilité, le culte de la nature (la mer est souvent présente), les messages passant dans de longues scènes presque silencieuses… toutes les racines du Japon dans sa culture et sa tradition.