Kabuki 歌舞伎【かぶき】

kabu1Le kabuki est une forme du théâtre dramatique japonais traditionnel.   Ce type de spectacle est centré sur un jeu d’acteur très codifié. Les maquillages sont élaborés, très contrastés, orientant la personnalité du personnage, renforcé par un jeu d’acteurs tout en contrastes. On retrouve souvent l’influence du Kabuki dans la cinématographie japonaise.

L’origine du kabuki remonte à un spectacle religieux qui fit scandale vers en 1603. Les acteur furent arrêtés, et le théâtre réapparu sous forme de spectacles donnés par des prostituées dans le lit asséché des rivières. Ce « yujo kabuki » devint rapidement très populaire, surtout par le fait du caractère très suggestif des danses.

Les représentations prirent brutalement fin durant le shogunat Tokugawa. Des troupes d’hommes apparaissent (wakashu kabuki et ōkabuki) et aboutit à l’interdiction des troupes composées ou incluant de femmes. Les hommes jouent alors les rôles féminins, le jeu des acteurs changea, la danse étant délaissée au profit de l’action dramatique et des postures mettant en valeur le physique de l’acteur.

Un changement de style radical se produit. Des hommes se spécialisèrent dans les rôles féminins (onnagata ou oyama) au point que depuis quelques années, des actrices étudient de nouveau le kabuki avec succès, sans pour autant détrôner les stars onnagata traditionnelles telles que Tamasaburō ou Jakuemon.

kabu2Deux styles de jeu définissent principalement le kabuki: le style rude (aragoto) et le style souple (wagoto). Le premier se caractérise par des couleurs de costumes et un maquillage renforcé et un jeu exagéré, où les acteurs accentuent la prononciation des mots et leur gestuelle. L’appellation dérive d’un mot désignant les manières brutales des guerriers. A l’inverse, dans le wagoto, le jeu des acteurs a un phrasé plus réaliste, et plus adapté à des pièces tournant pour l’essentiel autour d’une romance tragique. La période initiée par l’ère Genroku fut celle de la véritable constitution du kabuki. Ce processus de formalisation des pièces, du jeu et des rôles est indissociable de celui du ningyō jōruri, théâtre de marionnettes (le futur bunraku). De nombreuses pièces de Bunraku furent en fait transposées pour le Kabuki.

Dans le même temps, on vit apparaître deux éléments essentiels du style aragoto, la pose (mie), arrêt du mouvement de l’acteur destinée à souligner un moment particulièrement important de l’intrigue, et un nouveau type de maquillage (Kumadori) qui indique visuellement le type de personnage représenté et accentue ses expressions. De nos jours, ces pauses sont souvent fréquentes dans le cinéma japonais, sous forme de plans fixes, permettant une communication non verbale entre deux acteurs, et entre la scène et le spectateur.

kabu3Fin XVIIIe siècle, le kabuki déclina au profit du bunraku que préfèrent les classes populaires. Il reprit sa place à partir de l’ère Meiji, en réaction à l’introduction de la culture occidentale jusqu’à nos jours, ou il subsiste parallèlement aux productions cinématographiques internationales.

Aujourd’hui, le kabuki demeure le plus populaire des styles de théâtre traditionnel japonais en termes d’audience. Même s’il mobilise moins de professionnels que le théâtre nô, ces acteurs jouissent d’une grande notoriété.

Le kabuki a été classé parmi les chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO dans la troisième proclamation (24 novembre 2005).

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