Le papier japonais Washi 和紙 【わし】

20120410_2397753La fabrication artisanale du papier washi au Japon est un art vieux de plus de 800 ans. Le papier washi est d’ailleurs entré en 2014 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Ce très beau film de cinq minutes réalisé par le cinéaste japonais Takashi Kuroyanagi est une invitation à la découverte des techniques ancestrales de fabrication de ce papier renommé.

Un travail fait à la main

Le papier washi est fabriqué à la main, le plus souvent à partir d’écorce de mûrier, connu pour ses fibres résistantes. Les écorces sont cuites afin d’obtenir les fibres qui sont ensuite rincées une à une pour les débarrasser de leurs impuretés et battues pour être assouplies.

La pulpe obtenue après le battage est mélangée avec de l’eau et du mucilage, une substance végétale qui gonfle au contact de l’eau et prend une apparence visqueuse. Dans la cuve où est préparé ce mélange, est installé un tamis dans lequel, l’artisan va chercher la pulpe en suivant un mouvement très précis.

Une fois réalisées, les feuilles sont pressées pour extraire le surplus d’eau et mises à sécher. Traditionnellement, le papier washi est fait en hiver, car l’eau pure et froide permet d’obtenir un papier de qualité, le froid empêche les bactéries d’infiltrer les fibres.

Sa fabrication se transmet de génération en génération dans les familles, les associations et les municipalités. Il existe également des maîtres washi qui se chargent de transmettre les techniques.

Le papier washi est utilisé notamment dans la fabrication de livres, d’objets du quotidien comme des sacs, de panneaux de décoration en papier ou encore de cloisons de séparation et de portes coulissantes. Il est réputé comme étant particulièrement solide et résistant notamment grâce à ses fibres épaisses et longues.

Un merci à Jérôme Holvoet pour nous avoir signalé cette vidéo.

山本陽介 – Yosuke Yamamoto

yosuke yamamoto

Yosuke YamamotoYosuke Yamamoto est un artiste japonais qui utilise son ciseau à sculpter comme si  c’était une extension de son bras.

Dès son jeune âge, Yosuke Yamamoto a été sensible à l’art de la sculpture sur bois, en regardant la parade de la Danjiri Matsuri dans sa ville natale d’Osaka, au Japon.

Inspiré par les mikoshis  (les châsses) – de bois sculptées à la main, Yosuke Yamamoto a développé une réelle passion pour l’artisanat du bois.

 Il tenait déjà un ciseau au moment où il est  entré au collège . Peu après, quand il étant en secondaire, il est entré en apprentissage auprès d’un Maître sculpteur-ciseleur.

Yosuke Yamamoto

Yamamoto est maintenant devenu lui-même Maître sculpteur. Il a perfectionné son art pendant plus de 10 ans. Il travaille maintenant avec deux apprentis, et ensemble, ils œuvrent sur des projets de toutes formes et toutes tailles.

Leurs pièces complexes sont faites d’assemblages de petits détails qui se réunissent pour former des sculptures finales très élaborées. Chaque personnage soigneusement sculpté émerge du bois avec une personnalité complètement définie, des émotions faciles à lire à travers les visages et les yeux.

Yosuke Yamamoto

Pour Yamamoto, rien ne vaut la satisfaction qu’il ressent après avoir réussi un mikoshi pour la Danjiri Matsuri, ce qui peut prendre jusqu’à deux ans de travail.

Le parcours professionnel de Yosuke Yamamoto est impressionnant. Sa détermination et son esprit de recherche de la perfection peuvent être considérés comme étant source d’inspiration pour toute personne travaillant à réaliser son art.

Yosuke Yamamoto disait «C’est une tradition qui va durer pendant des centaines d’années. Je frappe mon burin pour créer une œuvre qui peut être festive ou mélancolique, comme les chefs-d’œuvre que je voyais quand j’étais gamin. »

Ses sculptures rendent hommage à une ancienne tradition japonaise. Toutefois, elles se combinent avec de nombreuses innovations et des concepts plus modernes.

L’œuvre de Yosuke Yamamoto attire de plus en plus l’attention tant au Japon qu’à l’étranger. Je vous laisse apprécier les travaux de Yosuke Yamamoto :

Yosuke Yamamoto

Sumi é 墨絵 【すみえ】

sumi1La peinture « Sumi-é » est une très ancienne technique de peinture monochrome japonaise basée sur de simples lignes et des points à l’encre.

Elle trouve son origine dans la calligraphie chinoise du 5ème siècle importée au Japon ou elle a été reprise par les artistes japonais 14ème siècle grâce aux moines bouddhiste Zen. C’est à la fois une technique de peinture monochrome et une forme de méditation.

Le Sumi-e représente une forme d’art à part entière, mais c’est aussi une philosophie. Le Sumi-e est l’expression de la perception de l’artiste et il transmet l’essence de ce qu’il représente la nature, plante, animal, etc.

La peinture orientale Sumi-e est constituée seulement d’encre noire, c’est simplification la plus élevée de la couleur en comparaison avec la peinture occidentale qui utilise toute la palette de couleur pour former lumières et ombres.

sumi3L’encre traditionnelle utilisée en calligraphie japonaise est appelée Sumi. Il s’agit, comme en Chine et en Corée, d’une encre de Chine confectionnée à partir de suie (susu) et de colle animale (nikawa) se présentant sous forme solide, en général sous forme de bâton, que l’on frotte sur une pierre à encre avec un peu d’eau.

L’encre chinoise confectionnée à l’ancienne est plus condensée et plus tendre que l’encre japonaise. L’encre japonaise résiste mieux à l’étirement des tracés. Traditionnellement, la suie peut être de la suie de pin (shôen-boku) ou de la suie d’huile végétale (yuen-boku).

 De nos jours la suie de pin pure est rare, elle est généralement mêlée à d’autres matières chimiques, tel que l’anthracène, offrant des nuances pratiquement identiques. Les encres industrielles n’offrent pas la même finesse et elles sont généralement moins résistantes à l’eau, au temps et au marouflage.

L’encre traditionnelle continue de vivre après sa période de fabrication. Les meilleurs magasins la conservent plusieurs années avant de la vendre ; avec l’âge elle développe de plus subtiles nuances. Les encres dites « âgées » (ko-boku) ont de 50 à 60 ans ; au-delà de 100 ans elles deviennent des objets de collection. Cependant, une fois fixées sur le papier, elles échappent à l’emprise du temps.

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