Les créatures de Hitotsuyama 一ツ山の生き物

Pour la plupart d’entre nous, les journaux servent surtout pour la lecture, et souvent ils ont une seconde vie en cuisine pour les épluchures ou à l’école pour protéger les tables de la gouache. Mais une artiste japonaise, Hitotsuyama, a trouvé un nouveau moyen de prolonge la vie des journaux. Elle les transforme en sculptures d’animaux incroyablement réalistes.
Elle procède par découpage, roulage et torsion des morceaux de papier journal humides. Le processus se fait entièrement à la main, elle utilise toutefois l’impression de couleur pour rehausser les contours et les contrastes de ses sujets. Du macaque à tête rouge japonais au lézards en passant même par un rhinocéros gérant, Hitotsuyama crée les sculptures les plus spectaculaires. C’est presque une forme artistique du recyclage du papier.

Vous retrouverez ses créations sur son site web.

Obi 帯【おび】

obi1Un obi est une ceinture servant à fermer les vêtements traditionnels japonais, tels que les kimonos ou les keikogi (vêtements d’arts martiaux).
 C’est en fait un long ruban de tissu sans boucle ni fermoir. L’art réside tant dans la façon de la nouer que dans la qualité des tissus et des motifs. Par tradition on ne porte aucun bijou avec un kimono, cela explique pourquoi les obis sont si richement décorés et colorés, ils doivent trancher avec le kimono tout en étant en harmonie avec lui.
obi2La ceinture traditionnelle japonaise fait son apparition dès le Ve siècle. On en retrouve des illustrations sur les statuettes haniwa, sous forme de cordes de chanvre. Elle se transforme par la suite en un simple ruban d’abord étroit, puis qui s’élargira ce qui lui permettra de jouer un rôle plus décoratif. Le 18e siècle verra de grandes modifications dans la structure de l’obi, notamment du fait des nouvelles techniques de tissage et de teinture, permettant ainsi la création de motifs particulièrement élaborés.

Les Obi sont nouées de façon précise, comme par exemple le nœud plat – utilisé en Iaïdo. Les types d’obi ornementaux sont eux aussi codifiés :

  • Maru obi : ceinture caractérisée par des motifs courants sur l’intégralité des deux faces, il généralement réalisé en brocard de soie. D’une largeur moyenne de 33 cm pour une longueur comprise entre 360 et 450 cm, il s’agit du plus formel des obis.
  • Fukuro obi – ceinture caractérisée par des motifs courants seulement sur les extrémités visibles de l’obi lorsque ce dernier est noué. D’une largeur moyenne de 33 cm pour une longueur comprise entre 360 et 450 cm, il s’agit d’un obi plus formel.
  • Hanhaba obi – ceinture d’environ 15 cm, souvent portée sur les yukata.
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Sumô 相撲【すもう】

Sumô 相撲【すもう】Le Sumô est un sport de contact où un lutteur (rikishi) tente de forcer un autre lutteur à l’extérieur d’un anneau circulaire (dohyo) ou de le faire toucher le sol avec autre chose que la plante des pieds. Le sport est originaire du Japon, seul pays où il est pratiqué de manière professionnelle. C’est un sport très populaire, et il est de tradition d’avoir son « lutteur favori ». Les silhouettes imposantes, seulement ceintes du marathi (bande de tissus) sont célèbres dans le monde entier. Les vainqueurs sont considérés comme des demi-dieux et jouissent d’une grande popularité.
Le Sumô est généralement considéré comme un Genkai budo (un art martial japonais moderne), mais cette définition est erronée, car le sport a une histoire vieille de plusieurs siècles. Il y a fort longtemps le Sumô a également été associé avec le rite shintoïste, par des formes de danse rituelle où un homme se bat avec un kami (un esprit divin Shinto). C’était un rituel important à la cour impériale.  La popularité du Sumô a changé au gré des caprices de ses dirigeants, la pratique évoluant peu à peu jusque dans les règles. La forme actuelle du Sumô date du début de la période Edo.
La vie d’un rikishi est très disciplinée, avec des règles fixées par l’Association de Sumô. La hiérarchie est stricte et fondée sur le mérite sportif. Les lutteurs sont classés selon un système qui remonte à des centaines d’années. Les lutteurs sont promus ou rétrogradés en fonction de leurs performances antérieures. Les compétitions ont lieu à intervalles réguliers tous les ans au Japon. Une des plus célèbres salles est celle de Ryogoku à Tokyo.
Sumô 相撲【すもう】Les rituels sont forts présents, de la préparation d’un combat à son déroulement. Ils sont donc  issus de a pratique shintoïste. Face au public, le sumotori frappe dans ses mains, puis piétine le sol pour chasser les démons hors du Dojo, ensuite il utilise un chikara-mizu (eau de puissance), avec laquelle il se rince la bouche, et un mouchoir en papier, le chikara-gami (papier de puissance), pour sécher ses lèvres. Les deux lutteurs se font ensuite face à face, tapent des mains, puis écartent les bras (traditionnellement pour montrer qu’ils n’ont pas d’armes). Ils ramassent ensuite une poignée de sel  qu’ils dispersent sur le ring pour le purifier.
Je vous conseille la lecture des « Mémoires d’un lutteur de Sumô » de Kirishima Kazuhiro, qui raconte, à trente-sept ans son apprentissage, son évolution et ses combats. C’est un témoignage exceptionnel dans lequel sont abordés les rites, contraintes et joies du Sumô, sans négliger l’aspect humain et familial du lutteur.