Sumô 相撲【すもう】

Sumô 相撲【すもう】Le Sumô est un sport de contact où un lutteur (rikishi) tente de forcer un autre lutteur à l’extérieur d’un anneau circulaire (dohyo) ou de le faire toucher le sol avec autre chose que la plante des pieds. Le sport est originaire du Japon, seul pays où il est pratiqué de manière professionnelle. C’est un sport très populaire, et il est de tradition d’avoir son « lutteur favori ». Les silhouettes imposantes, seulement ceintes du marathi (bande de tissus) sont célèbres dans le monde entier. Les vainqueurs sont considérés comme des demi-dieux et jouissent d’une grande popularité.
Le Sumô est généralement considéré comme un Genkai budo (un art martial japonais moderne), mais cette définition est erronée, car le sport a une histoire vieille de plusieurs siècles. Il y a fort longtemps le Sumô a également été associé avec le rite shintoïste, par des formes de danse rituelle où un homme se bat avec un kami (un esprit divin Shinto). C’était un rituel important à la cour impériale.  La popularité du Sumô a changé au gré des caprices de ses dirigeants, la pratique évoluant peu à peu jusque dans les règles. La forme actuelle du Sumô date du début de la période Edo.
La vie d’un rikishi est très disciplinée, avec des règles fixées par l’Association de Sumô. La hiérarchie est stricte et fondée sur le mérite sportif. Les lutteurs sont classés selon un système qui remonte à des centaines d’années. Les lutteurs sont promus ou rétrogradés en fonction de leurs performances antérieures. Les compétitions ont lieu à intervalles réguliers tous les ans au Japon. Une des plus célèbres salles est celle de Ryogoku à Tokyo.
Sumô 相撲【すもう】Les rituels sont forts présents, de la préparation d’un combat à son déroulement. Ils sont donc  issus de a pratique shintoïste. Face au public, le sumotori frappe dans ses mains, puis piétine le sol pour chasser les démons hors du Dojo, ensuite il utilise un chikara-mizu (eau de puissance), avec laquelle il se rince la bouche, et un mouchoir en papier, le chikara-gami (papier de puissance), pour sécher ses lèvres. Les deux lutteurs se font ensuite face à face, tapent des mains, puis écartent les bras (traditionnellement pour montrer qu’ils n’ont pas d’armes). Ils ramassent ensuite une poignée de sel  qu’ils dispersent sur le ring pour le purifier.
Je vous conseille la lecture des « Mémoires d’un lutteur de Sumô » de Kirishima Kazuhiro, qui raconte, à trente-sept ans son apprentissage, son évolution et ses combats. C’est un témoignage exceptionnel dans lequel sont abordés les rites, contraintes et joies du Sumô, sans négliger l’aspect humain et familial du lutteur.